La transhumance politique n’est pas un détail folklorique de notre démocratie. Ce n’est pas un simple travers culturel. C’est une composante essentielle du SYSTÈME.
Une composante pensée, organisée, huilée, et transmise comme un héritage maléfique depuis l’indépendance.
C’est une machine anti-changement très performante. Le bouclier absolu contre toute transformation profonde du pays. C’est le vaccin du système contre la révolution.
Les virus transhumants n’ont pas d’idéologie, pas de loyauté, pas de colonne vertébrale. Mais ils ont un instinct animal de survie politique très développé.
Dès qu’un pouvoir se fragilise, ils l’abandonnent. Dès qu’un pouvoir se renforce, ils rappliquent. C’est l’incohérence maquillée en maturité politique.
Des politiciens qui passent d’un camp à l’autre sans même se donner la peine d’inventer une excuse sérieuse. Leurs justifications préférées ?
«Je réponds à l’appel de la Nation»
«Le Sénégal m’est cher, je me place au-delà des querelles politiciennes»
«Je privilégie l’intérêt supérieur du pays»
«Je rejoins le camp de la stabilité»
«Je suis le Président, et le Président c’est moi», celle-là c’est la meilleure!
Le système ne tombe jamais. Il fait sa mutation. Comme un virus.
Tu penses que tu l’as vaincu ? Il revient sous une nouvelle variante : « Alliance du Progrès National Républicain Social et Libéral pour le Développement Participatif du Futur Sénégal Prospère. » A gauche ? A droite ? Au centre ? C’est pas grave, de toute façon il n’y a pas d’idéologies.
À chaque élection, c’est le reboot. Comme un ordinateur usé sous Windows 95. Ctrl + Alt + Transhumance = redémarrage du système sans mise à jour. Ce sont les mêmes fichiers corrompus qui gèrent le pays.
Moralité : On ne bâtit pas une 2nde République avec ceux qui ont verrouillé la 1ère. On ne fait pas une révolution avec ceux qui ont été formés pour empêcher les révolutions.
Pour conclure, la transhumance est une escroquerie démocratique.
Parce qu’elle annule le vote du peuple.
Elle confisque la volonté populaire.
Elle efface les combats, les sacrifices, les emprisonnements injustes, les morts, les espoirs.
À quoi bon voter pour une rupture, si ceux qui ont combattu la rupture deviennent ministres, conseillers ou DG le lendemain ?
Tu veux transformer le pays ? Alors il faut faire comme les mécaniciens : on vidange le moteur, on change les pièces usées, et surtout… on arrête de remettre l’huile usée dans le moteur. Zéro compromis. Zéro deals nocturnes. Zéro recyclage.
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