Le système, c’est un macrophage: une grosse cellule redoutable, programmée pour dévorer tout ce qui s’oppose à elle. Quand un mouvement révolutionnaire comme PASTEF apparaît, le système le renifle comme une bactérie qui ose troubler son confort. Voici comment il agit en 5 phases :
1-Phase d’alerte : « Tiens, c’est quoi ce microbe-là ? »
Au début, le système observe.
Il t’analyse, te surveille, t’écoute.
Mais il ne t’attaque pas. Non, il sourit poliment et prend des notes.
Il attend que tu t’approches, confiant, naïf, prêt à dialoguer.
2-Phase d’enrobage : « Venez, on va travailler ensemble pour le bien du pays… »
C’est là que le piège s’ouvre. Le système t’invite au palais, te serre la main, t’offre du café et te dit :
« Gouverner, c’est sérieux, il faut de la confidentialité. Tu dois diriger le peuple et non le consulter. »
« Il faut être responsable maintenant »
« il faut se hisser au-dessus de la mêlée » (c’est à dire au-dessus du peuple).
Tu te crois reconnu. En réalité, tu viens d’être enveloppé par la membrane du macrophage. Tu sens encore la ferveur populaire, mais tu es déjà dans la cellule.
3-Phase d’ingestion : Bienvenue dans le ventre de la bête.
Là, c’est fini. Tu es absorbé. Tu as un bureau climatisé, des chauffeurs, des 4×4 rutilantes, la BIP qui te surveille.
Tu es convié à une réunion sur « l’optimisation du cadre macro-budgétaire ». La réunion s’achève avec : « Force nous est donné de constater qu’une analyse de la structure serait indéniablement des plus aléatoires », comprenne qui peut.
Tu signes des rapports de 200 pages que personne ne lit.
Tu passes de révolutionnaire à « Grand homme d’État ».
Ta ferveur révolutionnaire s’éteint.
Tu oublies tes rêves, tu deviens réaliste.
4-Phase de digestion : Le système, c’est nous maintenant.
Petit à petit, les enzymes administratives te dissolvent.
On t’isole de ta base, on t’interdit de parler le langage du peuple:
« Un Premier Ministre ne doit pas dire ça »
« Un Président doit rester digne, au-dessus de la mêlée ».
On flatte les uns, on corrompt les autres, on t’éloigne des masses, on murmure à l’oreille : WassWass…
Bientôt, ton vocabulaire change : tu dis « réformes structurelles » au lieu de « justice sociale ». Tu parles de « dette cachée » au lieu de « vol du peuple ». Tu es devenu politiquement correct.
5-La cerise sur le gâteau : recycler la révolution
Et quand tout est digéré, il ne reste de la révolution que des slogans, qu’on expose au musée du Système qui ne se contente pas de te digérer. Il te recrache sous forme de trophée. C’est le trophée de l’alternance démocratique :
« Regardez, la preuve que la démocratie marche : même les révolutionnaires sont arrivés au pouvoir ».
Et pendant qu’on t’applaudit, le système continue son train-train. Tranquille. Intact. Inoxydable.
Moralité : ne te laisse pas digérer !
Une révolution, si elle veut survivre, doit :
- rester hors de la cellule, c’est-à-dire connectée au peuple,
- garder sa flamme, ne pas s’embourgeoiser,
- et surtout, transformer le système avant qu’il ne la transforme.
Sinon, elle finit dans l’estomac du monstre. C’est exactement ce qui est arrivé à Donald Trump et son mouvement MAGA (Make America Great Again). Le Système a laissé la deuxième révolution trumpienne s’opérer car il savait que le mouvement était déjà neutralisé, digéré.
Et le peuple, lui, reste dehors, à regarder le festin, en se disant : Qui sera le prochain ?
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