Dans la mythologie grecque, Éris, c’est la déesse de la Discorde. Son travail ? Créer le chaos, semer la zizanie, énerver tout le monde, puis regarder les dégâts en sirotant un verre de….Version grecque de Saytané….
Éris n’est pas juste une trouble-fête. Elle nous rappelle aussi que quand l’orgueil, la jalousie et l’arrogance règnent, il suffit d’une petite étincelle pour tout enflammer. Et elle, son job, c’est de fournir l’étincelle.
Le coup de la pomme ou le buzz mythologique
Le coup d’Éris est tellement légendaire qu’on devrait l’enseigner dans les cours de sciences politiques.
Tout commence lors du mariage de Thétis et Pélée. Tout le monde était invité, sauf… Éris.
Pourquoi ? Parce que quand tu invites la discorde à un mariage, soit les mariés divorcent avant la prière de Takussaan, soit les belles-familles s’envoient les noix de Kola sur la tête pendant la khutba de l’Imam !!!
Éris, blessée dans son ego, décide alors d’organiser le premier sabotage de cérémonie de l’histoire. Elle prend une pomme en or. Elle écrit dessus : « À la plus belle ». BTW, c’est de là que vient l’expression « Pomme de discorde ».
Éris jette la pomme au milieu de la fête et repart. Sans un mot. Sans un bruit. Ghosting.
Résultat ? Trois déesses se l’arrachent :
- Héra (la reine du ciel),
- Athéna (la stratégie et la guerre),
- Aphrodite (la beauté et le charme).
Aucune des trois ne veut lâcher la pomme. Comme elles ne pouvaient pas se départager, elles firent appel à un arbitre : Pâris, un jeune et beau prince troyen. Chacune tente de le soudoyer. Pâris choisit Aphrodite qui lui promet la plus belle femme du monde : Hélène de Sparte.
Gros souci : Hélène était déjà mariée au roi de Sparte Mélénas.
Résultat ? Pâris enlève Hélène de Sparte, entraînant la colère des Spartiates qui montèrent une grande coalition qui déclencha la guerre de Troie (tiens il y avait déjà des coalitions à l’époque).
La fameuse guerre de Troie a ainsi duré 10 ans et provoqué des milliers de morts à cause d’une pomme jetée par une déesse vexée qu’on n’ait pas mis son nom sur la liste des invités. Cela me rappelle celle qui se prenait pour une déesse et qui a claqué la porte de son parti parce qu’on lui a refusé le poste de Président de l’Assemblée Nationale. Suivez mon regard…
Derrière le chaos, Éris incarne un message philosophique puissant : La discorde n’est pas la cause du chaos, elle ne fait que révéler ce qui était déjà fragile. Autrement dit, Éris ne crèe pas les problèmes, elle les dévoile.
En politique, elle représente la nécessité de regarder les failles en face, et de les combler avant qu’elles ne s’étendent : Liy raam ci gnak bi leu dieum….
Dans notre contexte sénégalais, après avoir lancé la pomme de discorde, Éris aurait déclenché :
- des conférences de presse,
- des tentatives de manipulation venant des médias fake news,
- des communiqués contradictoires,
- des déclarations des chapelles politiques,
- des débats de grand-place,
- et des courants internes dans les partis politiques.
À l’époque, elle n’avait pas été invitée au mariage de Thétis et Pélée. Chez nous, ce serait plutôt: On ne l’a pas invitée à la réunion de stratégie, parce qu’elle parle trop.
Alors elle arrive discrètement, elle glisse un petit papier sous la table, et comme par magie :
- le ministre regarde de travers le conseiller,
- le conseiller boude le directeur de cabinet,
- le directeur de cabinet pense que le ministre veut le virer,
- et tout le monde oublie pourquoi ils sont venus.
Dans le mythe, Éris provoque un concours de beauté. Dans la politique sénégalaise, elle aurait provoqué un concours de loyauté : Qui est vraiment avec le Président? Qui suit le Premier Ministre? Qui joue double jeu?
Même mécanique. Les gens courent, chuchotent, suspectent : WassWass. L’un jure fidélité, l’autre fait des allégeances nocturnes, un troisième joue la neutralité au nom de la stabilité nationale.
Bref : tout le monde se bat pour une pomme invisible nommée pouvoir.
Éris adore les intrigues, les ambitions masquées, les alliances hypocrites, et surtout…voir un parti politique imploser de l’intérieur.
Éris nous apprend que dès que les cœurs sont pleins d’orgueil, une étincelle suffit pour tout brûler. Elle est le rappel que la stabilité qui refuse la vérité n’est que calme avant la tempête.
Alors chers Amis, qui serait Éris version sénégalaise ? Une Kola en or pour celui qui trouve !
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